Quest-ce que la médecine interne ?
Le concept de médecine interne, bien que d'introduction récente, fait référence à la pathologie médicale dautrefois, et fut la mère de la médecine depuis l'Antiquité. Il prendra son essor au cours du XIXe siècle avec l'utilisation de la clinique au service d'une médecine globale chargée d'humanisme. En France, la reconnaissance de la spécialité fut tardive : définition de la spécialité en 1966, critères de qualification en 1970, syndicat national en 1975, société savante en 1979, diplôme d'études spécialisées en 1984. Le champ d'application de la médecine interne, vaste et ambigu, associe un domaine réservé et certaines extensions naturelles mais contestées aux marges mouvantes des spécialités d'organe. Les internistes français sont peu nombreux et pour les deux tiers exclusivement hospitaliers. La situation est beaucoup plus favorable dans les pays anglo-saxons et surtout en Allemagne où la médecine interne est née dès 1882. En Europe, l'avenir de la spécialité est à l'harmonisation des formations et au développement des échanges universitaires.
Il ne faut pas confondre linterniste, spécialiste en médecine interne, avec linterne, étudiant en fin détudes médicales (interne de 6ème année ou bien interne du CHU), qui peut opter soit pour le médecine générale soit pour une spécialité médicale ou chirurgicale.
Un bon interniste ne peut être quun bon sémiologue car, après avoir déniché des signes cliniques, parfois bien cachés ou ignorés, il faut les analyser avec bon sens, les trier, pour ne garder que les plus pertinents. La même démarche concerne le choix et lanalyse des examens complémentaires et les choix thérapeutiques.
La médecine interne est de fait lart du diagnostic et du bon sens clinique au service du malade.
Si le socle de lesprit interniste est le même pour tous, les types dexercice de la médecine interne peuvent être différents. Une majorité dinternistes travaille à lhôpital et les internistes exerçant dans libéral sont peu nombreux. Ce mode dexercice pourrait se développer dans lavenir car la médecine interne devient rentable en clinique. A lhôpital, lactivité de la majorité des services de médecine interne peut se résumer comme suit :
activité daval durgence : malades sans diagnostic ou polypathologiques, gériatrie
avis sur des signes cliniques et/ou biologiques inexpliqués par les premières analyses réalisées par des confrères généralistes ou spécialistes (ex : altérations de létat général, fièvres au long cours, douleurs mal systématisées, CPK élevée, syndrome inflammatoire inexpliqué...)
avis diagnostiques et thérapeutiques sur des maladies « systémiques » telles que lupus, sclérodermie, vascularites, « la colchite », etc.
La médecine interne est la spécialité qui traite le patient dans son ensemble et pour reprendre un dicton de Pierre Godeau : «Linterniste peut être comparé à un décathlonien, capable de faire plusieurs épreuves à la fois, ce qui nest pas le cas des autres spécialistes dorganes»
Perspectives de développement de la spécialité :
La médecine interne nest pas touchée par les effets de mode qui conditionnent le choix de certaines spécialités. La pratique et les valeurs de la médecine interne ne sont pas près de changer. En effet, le recrutement de patients polypathologiques, aux diagnostics ou décisions thérapeutiques compliqués, ne cesse daugmenter, et de moins en moins de spécialistes dorganes sintéressent à ces problèmes. De fait, nul hôpital public ne peut fonctionner sans un service de médecine interne. La majorité des chefs de service de Médecine au niveau des Hôpitaux Régionaux du Maroc sont des internistes et parfois internistes et gériatres.
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