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: H. Harmouche
: M. Aouni
  A. Lemrini
  M. Bennis
  A.Kharchafi

Stratégie nationale en matière de gériatrie (Draft)

I – Contexte général :

Le gouvernement marocain entoure les personnes âgées d’une attention particulière dans le cadre de l’action sociale en faveur de la promotion générale de la société. Cet intérêt se reflète notamment dans la philosophie et les programmes de l’Initiative Nationale pour le Développement Humain lancée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI que Dieu L’assiste le 18 mai 2005, qui vise entre autres, à améliorer la situation des populations les plus pauvres et les plus vulnérables, dont les personnes âgées.

En conséquences l’amélioration de la prise en charge des personnes âgées, constitue une priorité dans la stratégie sectorielle en particulier dans ses volets de couverture médicale de base qui prévoit la couverture des besoins en santé les plus onéreux et dont sont sujets généralement les personnes âgées.

De même, le département de la santé déploie les efforts nécessaires dans le sens du renforcement de la formation des ressources humaines spécialisées, des structures de soins et d’accueils nécessaires pour une prise en charge adéquate des personnes âgées dans le domaine des soins de santé.

Le Maroc est un pays où la population est en grande majorité jeune. Cependant, l’effectif des personnes âgées ne cesse d’augmenter et le problème de santé de cette catégorie de la population se posera avec acuité dans le futur.

En effet, selon le recensement de la population et de l’habitat de 2004, il y a lieu de constater que sur l’effectif  total de la population qui était de 29 892 000  la Population du 3ème âge (60 ans et plus) s’élève à  2 421 250 personnes soit 8,1% de la population totale. Sur la base des projections faite par le Centre de Recherche et d’Etudes Démographiques la population âgée de 60 ans et plus connaîtrait une évolution spectaculaire durant les trois décennies à venir. Cette population va doubler à l’horizon 2024 atteignant la barre de plus 4,8 millions soit 13% de la population totale. Elle continuerait à croître considérablement pour se situer à plus de 6,5 millions en 2034 (17% de la population totale), soit presque 3 fois la population de 2004.

Cette augmentation en rapport avec la diminution de la mortalité, et à l'augmentation de l'espérance et de la qualité de vie conduirait sans nul doute à des demandes de plus en plus importantes en soins médicaux et paramédicaux et à des coûts de plus en plus élevés des services de santé. Ce qui placerait la question de leur couverture médicale au premier plan des préoccupations de notre pays.

Les besoins et les aspirations des personnes âgées sont nombreux, il s’agit des besoins en santé, habitat, transport, alimentaires, vestimentaires…Aussi, ces différents besoins devraient-t-ils être pris en compte de manière concomitante.

Sur le plan de la santé, les personnes âgées sont, plus fréquemment que les autres catégories de la population, sujettes, aux maladies cardiovasculaires, aux affections respiratoires, au diabète, à la fragilisation osseuse, aux affections oculaires, au rhumatisme, à la surdité, aux maladies mentales, aux problèmes nutritionnels, aux maladies neurologiques, au stress, au cancer…donc, autant de facteurs qui entrave leur santé et auxquels ils faut apporter soulagement, soins et accompagnement en fin de vie.

L’une des caractéristiques de la santé des personnes âgées est la grande fréquence de la polypathologie, la quasi-totalité d’entre elles souffrant simultanément de plusieurs problèmes de santé chroniques. Au fil des années, les altérations physiques ou psychiques qui résultent de ces pathologies vont s’ajouter à celles directement liées à la sénescence, favorisant la survenue de déficience de différentes nature source de d’incapacité et d’handicap.

La médecine moderne, par ses actions préventives et curatives, prodigue le soulagement, le bien-être physique et mental de ces personnes leur permettant ainsi l’intégration dans la société et dans la famille et leur évite la marginalisation.

Cependant, cette population cible reçoit différentes prestations sanitaires dans les formations hospitalières et d’actions ambulatoires, au même titre que les autres patients mais leurs problèmes de santé diffèrent énormément des personnes jeunes.

II- Situation sanitaire des personnes âgées au Maroc:

1-     Résultats de quelques enquêtes: 

Au Maroc on ne dispose pas encore d’études épidémiologiques faites spécifiquement pour cette tranche d’âge. Quelques études ont porté sur  certaines villes comme Casablanca, Fès, Larache, Rabat ou Salé. Ceci fait que la généralisation des résultats obtenus ne peut être transposée à l’échelle de tout le Royaume. Ces enquêtes nous permettent, néanmoins, d’avoir une idée sur la prévalence des maladies les plus répandues et le profil pathologique du sujet âgé marocain.

  • L’étude réalisée à Fès en 2003 a intéressée un petit échantillon de 100 personnes âgées de 60 ans et plus. L’objectif  fixé était de savoir comment notre système de soins répondait aux besoins des personnes âgées (Sniter K);
  • L’étude réalisée à Larache en 2005 (El Ouadrhiri M) s’est fixée trois objectifs :

-   déterminer la prévalence des sujets âgés qui ont consulté les urgences du centre hospitalier de Larache pendant le mois de janvier 2005 ;

-   connaître les pathologies les plus fréquentes et les motifs de consultations aux urgences ;

-    se faire une idée sur les modalités de prise en charge médicale.

§        L’étude faite à Rabat en 1999 s’est intéressée à la prise en charge des personnes âgées dans les services hospitaliers d’Avicenne (Kartite R, Mrissi Z)

1.1.           Utilisation des services de santé par les personnes âgées:

En milieu ambulatoire les centres de santé constituent assez  souvent le premier niveau de contact des personnes âgées avec le système de soins public. C’est principalement au niveau de ces centres que se font le dépistage précoce, la prise en charge et le suivi des pathologies chroniques, ainsi que toutes les interventions qui vont de paire.

Selon l’étude réalisée à Fès, un patient sur quatre qui consulte était une personne âgée. Le nombre de contact par personne âgée par médecin est relativement élevé par rapport à la moyenne nationale (0,8), il est de l’ordre de 2 à 3 contacts par personne âgée par médecin et par an.

En milieu hospitalier les personnes âgées constituent une part non négligeable parmi les usagers des urgences. 7,5% des admissions aux urgences à Fès et  9,12% à Larache. Les personnes âgées sont les plus hospitalisées, 28,8% contre 6% chez les adultes jeunes. Ces données sont également retrouvées dans la littérature.

Les personnes âgées hospitalisées constituent une part importante parmi l’ensemble de la population, l’effectif varie de 14,6% à Fès et de 15,2% à 33,4% à Rabat. Le nombre le plus important est noté au niveau du service de cardiologie à Fès et le service de chirurgie vasculaire à Rabat étant donné la fréquence des pathologies cardiovasculaires chez les personnes âgées. Une faible proportion des personnes âgées est hospitalisée dans les services de psychiatrie (1,85% à Salé et 2,5% à Fès).

Ce pourcentage faible trouve son explication dans le fait que le patient âgé n’est hospitalisé que dans des conditions extrêmes (agitation, agressivité et danger pour la famille et la communauté). Cette attitude est adoptée pour les raisons suivantes :

§         Conditions d’hébergements inadaptés pour les patients âgés ;

§         Personnel insuffisant et non formé aux particularités des personnes âgées ;

§         Risque élevé de maltraitance et  de sévices causé par les autres malades ;

§         Impossibilité d’assurer un suivi médical multidisciplinaire pour des malades polypathologiques.

La durée moyenne de séjour est élevée, elle varie de 14 à 21 jours dans les services hospitaliers étudiés à Rabat et  7,7 à 11 jours à  Fès.

1.2.           Prédominance des pathologies chroniques :

Il apparaît à travers les différentes études épidémiologiques mondiales que les maladies non transmissibles prennent une part prépondérante dans la morbidité et elles sont responsables de la très grande majorité des décès. Elles sont durables, difficilement guérissables. Elles exigent des soins prolongés et laissent des séquelles sources d’incapacité et d’handicap.

L’enquête sur la population et Santé Familiale réalisée par le Ministère de la Santé en 2003,  montre une tendance à la hausse des proportions des malades chroniques au fur et à mesure que l’âge augmente. A partir de 60 ans, presque une personne enquêtée sur deux (46%) déclare souffrir d’au moins une maladie chronique.

Par ailleurs, la prévalence de l’handicap augmente avec l’âge révélant ainsi clairement le lien entre l’handicap et le vieillissement. Elle est de 5,2% au sein de la tranche d’âge 15-59 ans (moyenne nationale 5,12%). Elle atteint 21,4% au sein de la population de 60 ans et plus et dépasse les 31% chez les personnes âgées de plus de 70 ans (Enquête nationale sur le handicap 2004).

1.3.           Mortalité et morbidité des personnes âgées:

Dans les pays en développement, 42% des décès d’adultes surviennent chez les personnes âgées de 60 ans et plus, contre 78% dans les pays développés (OMS, 2003). En effet une durée de vie moyenne plus longue est associée à des risques de mortalité et un nombre de décès plus élevé à la vieillesse de vie.

Les principales causes de mortalité et morbidité sont  les affections cardiovasculaires représentées essentiellement par les cardiopathies ischémiques et les accidents vasculaires cérébraux qui pèsent le plus lourd dans la charge de morbidité et qui constituent les deux principales causes de mortalité.

Au Maroc, l’étude des causes de mortalité en milieu urbain chez le plus de 65 ans a montré les pourcentages suivants : 40% pour les maladies cardiovasculaires, 13% pour les cancers, 11% pour le diabète, 7% pour les maladies de l’appareil respiratoires et 3% pour la tuberculose pulmonaire (Ministère de la Santé 2003).

Selon quelques études qui se sont intéressées spécifiquement à la population âgées, afin de connaître les principaux motifs de consultation ou d’hospitalisation dans les structures sanitaires, les causes de morbidité sont variables en fonction :

§         Des circonstances de la consultation : urgences hospitaliers ou centre de santé ;

§         Structure fréquentée : hôpital polyvalent ou spécialisé ;

§         Type de recrutement dans un service hospitalier.

Ainsi, l’étude faite en 2003 dans un centre de santé à Fès montre que les motifs de recours à la consultation médicale sont dominés par les douleurs de toute nature (30%) et les pathologies chroniques (diabète, HTA…) (25%) (Sniter K, 2004).

L’analyse de l’étude réalisée à Larache montre que les motifs de consultation les plus fréquents sont les pathologies cardiovasculaires et traumatologiques (Ouadrhiri M, 2005).

L’étude réalisée au CHU de Rabat en 1999  montre que les pathologies les plus fréquemment retrouvées sont les maladies digestives (24,93%), les maladies hématologiques (21,22%), les cancers (14,42%),  les maladies cardiaques (8,86%), les maladies rénales (4,46%), les maladies respiratoires (4,39%) et les maladies endocriniennes (4,32%) (Harmouche H, Ghadouane M, Aouni M, 1999).  

2. Description des pathologies des personnes âgées:

2.1. Les maladies cardiovasculaires:

Les maladies cardiovasculaire sont la première cause de morbidité et de mortalité chez les personnes âgées dans le monde et ont une corrélation étroite avec la qualité de vie au cours de la vieillesse. Les principales maladies rencontrées chez le sujet âgé sont :

-         L’insuffisance cardiaque : elle constitue 28,26% des motifs d’hospitalisation dans un service de cardiologie (Sniter  K, 2004). Ses deux grandes causes sont la maladie coronaire et l’hypertension artérielle;

-         L’hypertension artérielle : L’enquête nationale menée par le Ministère de la Santé en 2001 montre que sa fréquence est de 33% ;

-         La maladie coronaire : On ne dispose pas encore de données statistiques sur la prévalence des cardiopathies ischémiques dans notre pays, ils pourraient être la première cause d’hospitalisation, de morbidité et de décès (Bennis A, 2005).  

-         Les troubles du rythme cardiaque : La fibrillation auriculaire constitue le trouble du rythme cardiaque le plus fréquent chez le sujet âgé. On ne dispose pas de données épidémiologiques concernant cette maladie au Maroc.  

-         Les accidents vasculaires cérébraux : Ils constituent une urgence médicale imposant l’admission sans retard dans une filière spécialisée de prise en charge.

2.2. Les cancers:

La probabilité de développer un cancer s’accroît avec l’âge et comme l’espérance de vie augmente régulièrement, le nombre global des cancers augmente. La particularité des cancers du sujet âgé réside dans le fait que le diagnostic est souvent porté tardivement :

-         Les personnes âgées sont souvent exclues des actions de dépistage systématique ;

-         Le suivi médical n’est pas toujours au même niveau que celui des jeunes sujets.

Certains cancers sont plus fréquents que d’autres chez la personne âgée. C’est notamment le cas du cancer de la prostate chez l’homme, du cancer du sein chez la femme, des cancers colorectaux ou gastriques chez l’homme et la femme.

Selon une étude réalisée à l’Institut National d’Oncologie de Rabat en 1999, les cancers les plus fréquents des personnes âgées  de plus de 60 ans sont  les cancers du sein (16,26%), les cancers du rectum (9,76%), les cancers de l’estomac (5,69%), les cancers du larynx (5,69%) et  les cancers de l’ovaire (4,88%)(Boudhaimi M) .

2.3. Les problèmes visuels:

Les déficiences visuelles graves bilatérales représentent un sérieux problème de santé publique chez les personnes âgées de plus de 60 ans du fait de l’étroite corrélation entre vieillissement et cécité. Les problèmes de l’ophtalmo- gériatrie doivent donc être sérieusement pris en considération. Les 3 causes majeures de troubles visuels sont :

-         La cataracte : Une enquête sur les causes et la prévalence des déficiences visuelles réalisée en 1992 a permis d’identifier la cataracte sénile comme principale cause de cécité au Maroc (45,5%) et de malvoyance (43,1%) (Negrel A D, Khazraji y C,  Azelmat M, 1997). Il faut noter que 9% des aveugles sont déjà opérés de cataracte mais ne possèdent pas de verres correcteurs et ne bénéficient donc pas de l’apport de cette opération. 

-         Les glaucomes : le glaucome primitif à angle ouvert, de diagnostic souvent tardif, se classe au 2ème rang avec une prévalence de 14,3% des causes de cécité (Laghmari M, Mohciene Z, 2000).

-         La dégénérescence maculaire liée à l’âge : C’est la principale cause de baisse de vision dans les pays développés après 60 ans. Sa prévalence augmente progressivement avec l’âge. Avant 55 ans, elle est de 1 ,6% et atteint 27,9% après 75 ans (Rachid R, 1999). 

 2 .4. Les troubles ostéo- articulaires:

 Deux maladies sont extrêmement fréquentes chez les personnes âgées : l’ostéoporose et l’arthrose.

-         L’ostéoporose : Un nombre important de femmes marocaines sont menacées d’ostéoporose et devient ainsi un problème de santé publique. Le chiffre de la population féminine atteint de cette maladie n’est pas disponible. Le risque de morbidité causée par l’ostéoporose se présente sous forme de tassements des vertèbres ou de fractures des os long, notamment les fractures du col du fémur, et pouvant engendrer un inconfort et un handicap considérable. Une étude réalisée au CHU de Casablanca montre que la cause des fractures de l’extrémité supérieure du fémur était dans 70% des cas due à une chute banale (Boudhaimi M, 2000).

-         L’arthrose : très douloureuse et handicapante, elle affecte une femme sur trois au delà de 65 ans. A Maroc, l’arthrose est un motif fréquent de consultation en rhumatologie. Une enquête de la Société Marocaine de Rhumatologie menée en 1997 montre qu’elle est  le 3ème motif de consultation (17,2%) derrière la pathologie vertébrale commune (30,2%) et les rhumatismes inflammatoires (21,5%) (Hajjaj-Hassouni N, Hassouni F, Guedira N et al, 1998). L’enquête réalisée auprès des ménages sur les maladies chroniques et les handicaps a montré que l’arthrose est la maladie la plus fréquemment citée par les personnes enquêtées (14%).

2.5. L’incontinence urinaire:

L’incontinence est un symptôme fréquent et invalidant. C’est le premier signe clinique déclaré par l’échantillonnage des personnes âgées interviewées à Fès (21%) (Sniter.K, 2004). Il s’agit d’un sujet souvent tabou, à tel point que les patients mettent de 5 à 7 ans avant de consulter après les premiers symptômes.

2.6. La dénutrition:

Les modifications physiologiques du vieillissement exposent les personnes les plus âgées au risque de dénutrition et ce d’autant plus qu’elles soufrent de maladies chroniques surajoutées. Elle constitue le principal facteur de mauvais pronostic chez la personne âgée. Les conséquences de la dénutrition sont importantes : diminution de la force musculaire avec risque de chute, sensibilité accrue aux infections, anémie, complications cutanées (escarres)…. Malgré cela, la dénutrition est faiblement identifiée et peu traitée chez les sujets âgés, bien que la perte de poids soit un indicateur aisé des personnes à risque.

2.7. La pathologie iatrogène:

La polymédication est, chez le sujet âgé, habituelle et souvent légitime. Mais elle augmente le risque iatrogénique, diminue probablement l’observance des traitements, et elle a un coût élevé. Au Maroc, on ne dispose pas encore de données précisant l’ampleur de ce problème. Mieux prescrire chez le sujet âgé est ainsi un enjeu de santé publique.

2.8. La démence d’Alzheimer:

Selon l’OMS, la démence d’Alzheimer toucherait 25 millions de personnes dans le monde. Au Maroc, d’après l’expérience du centre de mémoire de l’hôpital des spécialités de Rabat (Pr El Alaoui F), la maladie d’Alzheimer est la première cause de démence chez les patients marocains. Ils sont 20 000 à en souffrir et la majorité n’en est même pas consciente. Le risque augment avec l’âge : 5% des plus de 65 ans, 10% des plus de 75 ans et jusqu’à 20% des plus de 90 ans sont touchés par la maladie. D’après les projections démographiques, d’ici 2010, il y aura 50 000 cas d’Alzheimer au Maroc. La cause spécifique demeure inconnue. On relève cependant l’influence de plusieurs facteurs dont l’âge, les facteurs génétiques et héréditaires ainsi que les habitudes alimentaires, le niveau d’instruction et la présence de risques vasculaires. Au Maroc la maladie d’Alzheimer reste largement méconnue du grand public et nettement sous médicalisée. Par contre elle représente un motif fréquent de consultation des personnes âgées au niveau des hôpitaux psychiatrique. Une proportion de 45,14% des patients âgés ayant eu recours à l’hôpital psychiatrique Ibn Al Hassan de Fès, en 2003, avaient un syndrome démentiel (Sniter K, 2004) . Ce pourcentage était de 35% dans l’étude réalisée en 1999 au centre psychiatrique universitaire Ibn Rochd de Casablanca (Eddal A, Kadiri N 1999).

2.9. La dépression:

La dépression du sujet âgé est un trouble sous diagnostiqué et sous traité. Les symptômes sont considérés comme une composante normale du processus de vieillissement. Elle représente un fardeau de taille pour les individus et leur famille. Elle n’est pas seulement cause de morbidité mais aussi de mortalité. La prévention du suicide est un des principaux objectifs thérapeutiques en psycho gériatrie. Au Maroc, selon une étude réalisée au centre psychiatrique universitaire Ibn Rochd de Casablanca (Eddal A, Kadiri N 1999) 54% des malades âgées  de 60 ans et plus présentaient un syndrome dépressif. 

II- Acquis et mesures développées en matière de lutte contre les maladies chroniques:

Le Maroc est actuellement en période de transition épidémiologique et le grand défi de la lutte et du contrôle des maladies est de définir une politique sanitaire contre la coexistence des deux groupes «maladies transmissibles et maladies non transmissibles» et que les orientations stratégiques s’accomplissent dans un esprit de régionalisation.

La création d’une structure centrale pour la lutte contre les maladies non transmissibles, l’inscription d’une ligne budgétaire supplémentaire pour les stratégies plus ou moins traduites en actions pour lutter contre les maladies dans le plan de développement économique et social en est un grand acquis. De même que l’existence de plusieurs stratégies plus ou moins traduites en actions pour lutter contre les maladies non transmissibles.

Les orientations stratégiques pour la lutte contre les maladies non transmissibles consistent d’une part à développer une intervention intersectorielle pour les maladies évitables par la réduction des facteurs de risque dans la communauté et la prise en charge des personnes exposées et d’autre part  à mettre en place une prise en charge intégrée des stratégies plus ou moins traduites en actions pour lutter contre les maladies regroupant les programmes déjà opérationnels et englobant au fur et à mesure ceux qui sont en cours d’élaboration.

Les actions à développer pour la lutte contre les maladies chroniques sont de trois types : le soutien à l’accès aux services sociaux de base, le soutien aux actions d’animation sociale, culturelle et sportive et enfin, le soutien au renforcement de la gouvernance et des capacités locales et la promotion de modes de vie saines (lutte contre le tabagisme, la promotion d’un bon équilibre nutritionnel et de l’activité physique, réduction de la consommation du sel…).

Les stratégies spécifiques adoptées sont:

Cas du diabète:

  • Dotation des structures de Soins de Santé de Base en matériel de suivi et de contrôle du diabète et de ses complications ;
  • Appui aux campagnes se sensibilisation et d’éducation pour prévenir les complications ;
  • Renforcement des capacités des associations œuvrant dans ce domaine.

Cas de l’hypertension artérielle:

  • Réduction des facteurs de risque ;
  • Prise en charge correcte des malades ;
  • Sensibilisation sur les facteurs de risque.

Cas du rhumatisme articulaire:

  • La prévention primaire par le traitement systématique de toutes les angines ;
  • La prévention secondaire par l’injection d’extencilline toutes les trois semaines après toute crise de rhumatisme articulaire, pendant 5 ans en l’absence de cardite et à vie en cas de cardite ;
  • L’éducation sanitaire incitant au traitement correcte des angines auprès de la population scolaire et générale ;
  • La surveillance épidémiologique.

Cas du cancer

Cas de la démence sénile

Cas des accidents (chutes, blessures…)

Cas du bon usage des médicaments.

III- Acquis et mesures développées en matière de prise en charge médico-sociale des personnes âgées:

Les personnes âgées cumulent un ensemble d’handicaps rencontrés durant les différentes étapes de la vie, de la période périnatale à l’âge adulte.  Elles sont souvent en situation de détresse solitaire et silencieuse en cas de rejet par leurs familles. Elles sont également fréquemment touchées à coté de l’handicap par le fléau de la mendicité.  La solidarité familiale qui constitue le cœur de la société marocaine risque d’être touchée par l’urbanisation et la rigueur économique.  Les mesures de protection, les mesures préventives et de réadaptation  chez les personnes âgées sont à l’ordre du  jour :

La protection sociale:

La loi 65-00 portant « code de la couverture médicale de base » décomposé en :

Un volet d’Assurance Maladie Obligatoire (AMO) au profit des personnes actives, des pensionnés et des étudiants,

Un volet du Régime de l’Assistance Médicale (RAMED) fondé sur la solidarité nationale au profit de la population la plus démunie.

Le Code de la Famille:

Le nouveau code de la famille définit les obligations croisées des enfants et des parents de subvenir à leurs besoins matériels respectifs (art 197).

Les institutions de bienfaisance:

Suite à la visite royale à la maison d’Ain Chok, le gouvernement élabore une nouvelle loi dite 14.05.  Elle va donner un cadre régissant le statut juridique, les normes et la gestion des «Etablissements d’accueil des populations fragiles.»,

Les fonds de retraite:

L’encadrement législatif, des fonds de réserves des caisses de retraite, est défini dans la loi du 3 octobre 2002, modifié le 2 novembre 2004, relatif aux entreprises d’assurances et de réassurances.

Les régimes de retraite:

Le secteur des Retraites se compose essentiellement de 6 régimes, 4 généraux la CNSS (Caisse Nationale de Sécurité Sociale), la CMR (Caisse Marocaine de Retraite), le RCAR (régime collectif d’Allocation Retraite), la CIMR (Caisse Interprofessionnelle Marocaine de Retraites) et 2 internes à des établissements publics (CIR-OCP, CCR-ONE).

Les grandes réformes sociales :

Le Maroc a lancé plusieurs grandes réformes et initiatives sociales qui influent directement sur les conditions de vie des personnes âgées l’AMO (Assurance Maladie Obligatoire) et le RAMED (Régime d’Assurance pour les Economiquement Démunis).

Dans la perspective d’améliorer la prise en charge des soins de santé pour cette catégorie de la population, soins devenus une véritable spécialité, le Ministère de la Santé a mis en place un service de la Réhabilitation et de la Gériatrie, chargé de développer les programmes de Gériatrie, de synchroniser les actions avec celle des partenaires gouvernementaux et acteurs du monde associatif.

Plusieurs actions ont été développées:

Jusqu’à nos jours, une seule unité de gériatrie existe à l’hôpital Mohamed Sekkat à Casablanca. La réalisation d’un nouveau service exclusivement consacré à la gériatrie est en projet.

Les hôpitaux Ibn Sina, à Rabat et El Farabi à Oujda réfléchissent également à une organisation plus adaptée à l’accueil des personnes âgées.

Les médecins internistes marocains reçoivent depuis 2003 une formation en gériatrie en France à  l’Assistance Publique des Hôpitaux de Paris dans le cadre d’une attestation de formation spécialisée Approfondie. Seize médecins sont déjà formés. L’objectif étant de disposer d’au moins un médecin gériatre par province dans les prochaines années à venir.

L’enseignement dans les facultés de médecine est en train d’être érigé en spécialité à la faculté de médecine de Rabat, des enseignants ont été formés en France dans ce sens. 

Le personnel paramédical reçoit, depuis 2002, un enseignement de gériatrie par un module de 18 heures en 2ème année.  Malheureusement l’absence de terrain de stage limite cette formation à la simple théorie.

Un ensemble de recommandations ont été développées par des experts de l’OMS à l’occasion de leurs missions de consultation au Maroc en 1999 et en 2005 dont les suivantes :

  • Relancer le comité national pour les soins aux personnes âgées ;
  • Poursuivre les efforts entamés de politique nationale de la prise en charge des personnes âgées ;
  • Renforcer le service de réhabilitation et de prise en charge des personnes âgées en rôle et en moyens ;
  • Réaliser des études épidémiologiques et démographiques auprès des personnes âgées en vue d’une vision transversale du problème ;
  • Développer la formation continue en gériatrie ;
  • Développer l’enseignement de la gériatrie dans le cursus médical de base ;
  • Développer la spécialité de la gériatrie et l’instituer au Maroc ;
  • Améliorer l’accessibilité des personnes âgées aux soins et aux structures d’aides ;
  • Mettre en place des unités de médecine de court séjour gériatrique ;
  • Mettre en place des structures d’aide pour la prise en charge des personnes âgées en milieu familial ;
  • Mettre en place des structures pluridisciplinaires avec possibilité de travail en réseaux ;
  • Améliorer les conditions de vie et de fonctionnement des foyers des personnes âgées ;
  • Réaffirmer, préciser et encadrer la place des ONG dans l’ensemble du dispositif de prise en charge des personnes âgées ;
  • Développer des activités IEC pour les personnes âgées, les aidant et le large public.

L’entraide nationale assure la tutelle de 1800 institutions gérées par 599 associations accueillant 50000 résidents.

Les personnes âgées sont accueillies au niveau des maisons de bienfaisance au même titre que les enfants, les mères célibataires, les personnes en situation de handicap et parfois les malades mentaux.

Le personnel est en nombre insuffisant et souvent les personnes âgées en bonne santé prêtent assistance aux malades.

Il manque du personnel spécialisé à tous les niveaux : médecins gériatres, infirmières, aides-soignants, psychologues, psychiatres, kinésithérapeutes, assistantes sociales, animateurs socioculturels.

A part la télévision, il y a très peu d’animation et de loisirs, dans ces centres.

Depuis la visite royale du 30 avril 2005, dans la Maison de Bienfaisance de Aïn Chok, la remise à niveau des Maisons de Bienfaisance est engagée.

Le plan d’action 2006 / 2008 de l’Entraide Nationale présenté lors d’un séminaire national en juin 2005, prévoit plusieurs grands axes de travail dont la mise à niveau des maisons de bienfaisance, la mise à niveau du management, la mise à niveau juridique, la formation des ressources humaines, le renforcement socioculturel et l’intégration à l’Initiative Nationale de Développement Humain .

Le Ministère des Habous et des Affaires Islamiques gère aussi, dans l’ensemble du Royaume, un certain nombre de maisons où sont accueillies quelques personnes déshéritées, en particulier des personnes âgées.

IV- Pourquoi cette stratégie ?

  1. Parce que nous vivons une révolution de la longévité : l’espérance de vie à la naissance varie entre 69 et 71 ans. Nous devons préparer notre capacité médicale et sociale pour faire face aux problèmes de prise en charge liée à cette mutation démographique ;
  2. Parce que la charge de la perte de l’autonomie et de la dépendance d’une personne âgée pèse sur les familles, elle demande un temps, une énergie et des ressources financières très importantes ;
  3. Parce qu’il existe une rupture dans la chaîne de continuité de la prise en charge entre le domicile, l’hôpital et les maisons de retraites ;
  4. Parce que l’organisation des soins ne prend pas en compte les spécificités des besoins des personnes âgées.

V- Les objectifs généraux:

  • Réduire la prévalence des maladies chroniques liées au vieillissement ;
  • Réduire la prévalence de l’handicap liée au vieillissement ; 
  • Améliorer l’offre de soins en matière de prise en charge des personnes âgées;
  • Renforcer les actions de réhabilitation et d’appareillage orthopédique;
  • Renforcer les compétences des professionnels de santé en matière de prise en charge des  personnes âgées ;
  • Promouvoir un vieillissement actif. 

VI- Axes stratégiques de prévention liées aux maladies chroniques:

1-     Analyse des facteurs de risque:

Quelques maladies notamment cardiovasculaires, le diabète, liées par des facteurs de risque et des déterminants fondamentaux communs, sont à l’origine d’une charge de morbidité élevée.  Leurs facteurs de risque et leurs déterminants sont plus ou moins les mêmes.

Les facteurs de risque principaux : hypertension artérielle, le tabagisme la consommation d’alcool, l’hypercholestérolémie, le surpoids, la faible consommation de fruits et de légumes et le manque d’activité physique. Le diabète est un important facteur de risque et facteur déclenchant pour les maladies cardiovasculaires.

Des caractéristiques individuelles (telles que le sexe, ou une prédisposition génétique) ainsi que des déterminants sociaux, économiques et environnementaux (tels que le revenu, l’instruction et les conditions de vie et de travail) engendrent des différences d’exposition et de vulnérabilité des individus à l’égard de situations qui portent atteinte à la santé. En outre, chez de nombreuses personnes, en particulier celles qui sont défavorisées sur le plan social, les facteurs de risque se regroupent et interagissent les uns avec les autres, souvent en se multipliant.

Les études ont démontré aussi que les fondements de la santé des adultes se mettent en place très tôt dans l’existence, même avant la naissance, et un bon début dans la vie est fondamental pour le développement ultérieur.  Les mères jeunes, les mères pauvres et celles qui n’ont qu’un faible niveau d’instruction risquent davantage de donner naissance à un enfant de faible poids et allaitent ce dernier moins fréquemment ; Pour sa part, un faible poids de naissance est lié à un risque accru de coronaropathie, d’accident vasculaire cérébral, d’hypertension artérielle et de diabète de type 2 (30-31, 34).

Une croissance lente et un soutien émotionnel de mauvaise qualité au cours de l’enfance se traduisent par un risque de mauvaise santé physique et mentale au cours de l’ensemble de l’existence.  Des études ont montré que la maltraitance et d’autres événements violents et négatifs au cours de l’enfance, par exemple, sont liés à un risque accru de tabagisme, d’inactivité physique, d’obésité sévère et d’alcoolisme au cours de la vie ultérieure.

2-     Conditions requises pour réussir la stratégie:

La stratégie la plus durable à long terme est  celle qui associe d’une part une action de prévention menée au sein de la population pour réduire la prévalence globale de facteurs de risque dans la population et d’autre part le dépistage et, ensuite, le traitement des personnes courant un risque élevé de maladies chroniques, selon une démarche axée sur le risque global.  Ces interventions préventives doivent être combinées avec un renforcement des facteurs de protection de la santé de façon à améliorer leur résistance aux facteurs de risque et à la maladie. Les mesures favorisant un bon départ dans la vie grâce à un attachement précoce et à un soutien approprié aux parents et aux jeunes enfants représentent un important investissement dans le développement physique et émotionnel, qui a des conséquences durant toute la vie. C’est le cas de l’allaitement maternel. L’appartenance à un réseau social et le sentiment d’être lié aux autres peuvent avoir des effets protecteurs puissants sur la santé.

L’action relative aux déterminants plus généraux de la santé et à la réduction des inégalités peut contribuer à d’importantes améliorations.

Une combinaison de démarches horizontales et verticales est nécessaire, mais elles doivent être bien coordonnées et intégrées en vue de concrétiser les synergies potentielles.

3-     Mesures préventives:

La déclinaison des activités est faite selon les axes stratégiques de la charte de Bangkok 2005 pour la promotion de la santé (ancienne charte d’Ottawa améliorée)

3-1- Sensibilisation /Communication:

 Mettre l’accent sur le lien entre la santé et ses déterminants, sur le fait que la plupart de ces derniers ne relèvent pas uniquement du secteur de la santé .à cet effet  tous les secteurs doivent jouer un rôle à l’égard de ces déterminants ; dans cette vision nous déclinons les activités suivantes :

  • La mobilisation des programmes de santé autour d’un programme national et intégré d’IEC. Celui-ci doit mettre à la disposition des citoyens des prestations de qualité ;
  • Utiliser les personnels de soin de façon plus efficace en améliorant leurs compétences en communication, en éducation pour la santé, en matière de changement de comportement et en counseling ;
  • Conception, production et diffusion d'émissions audiovisuelles et renforcement des relations avec les médias locaux et régionaux (radio, télévision et presse) ;
  • Création d’unités d’éducation et de sensibilisation au niveau des services de pédiatrie, de cardiologie et de chirurgie cardio-vasculaire ;
  • Le renforcement des capacités de production en supports et moyens éducatifs à tous les niveaux et particulièrement le local ;
  • Encourager des stratégies au niveau global pour la promotion du mode de vie sain sans omettre le milieu rural:
  • Promouvoir un bon équilibre nutritionnel (riche en fruits et légumes) ;
  • Réduire la consommation de sel ;
  • Promouvoir l’activité physique ;
  • Favoriser l’accès au logement, à l’éducation, à un environnement sain :
  • Lutter contre les facteurs de risque connus (tabagisme, alcoolisme, UV,  substances cancérigènes,...) ;
  • Promotion de l'éducation sanitaire en milieu scolaire et universitaire ;
  • Mener des Campagne de sensibilisation pour :

-              Le grand public et en milieu scolaire au traitement de l’angine ;

-              les régions les plus affectées en trachome  (régions du sud) ; 

-              démystifier la maladie mentale et ses conséquences individuelles et sociales ;

-              La lutte contre le  diabète et ses complications et sur les moyens de prévention en ciblant les populations à risques (ce qui nécessite des supports et du matériel didactique ;

-              La lutte contre l’HTA et ses complications ;

-              Lutter contre le tabagisme ;

-              Informer la population sur les  risques de cancers (Prévention primaire) ;

  • Sensibiliser les élèves au niveau des lycées et collèges ; utiliser les TIC au niveau des cybers café (via les opérateurs de télécommunication) ;
  • Préconiser une action sur les déterminants sociaux de la santé en jouant un rôle de chef de file dans le secteur de la santé ;
  • Formation en techniques d'animation du groupe, en communication interpersonnels, et en utilisation des supports audiovisuels pour les professionnels santé ;
  • Conception, production et diffusion d'émissions audiovisuelles et renforcement des relations avec les médias locaux et régionaux (radio, télévision et presse) ;
  • Equipement d'unités mobiles en vidéo projecteurs ;
  • Productions de films pédagogiques pour les unités mobiles ;
  • Décentralisation de la conception et la production des supports répondant aux besoins locaux (langue).

 3-2- Les connaissances:

Pour s’acquitter de leur fonction de direction et de gouvernance, les ministères ont besoin de systèmes pertinents d’information qui les aident à prendre des décisions, facilitent l’évaluation des besoins sanitaires et la fixation de priorité, et leurs permettre de faire le  suivi  et l’évaluation ; dans ce sens les activités suivantes sont à préconiser :

  • Etablir des standards de prises en charge thérapeutique (conférences de consensus) ;
  • Mener des enquêtes régulièrement, à l’échelle nationale pour :

-         Evaluer la prévalence des facteurs de risque des maladies acquises ;

-         Déterminer la prévalence de la cardite rhumatismale en milieu scolaire et du portage du streptocoque dans la population générale ;

-         Déterminer portage du papilloma virus dans la population générale ;

-         Evaluer  l’impact sur la santé et juger les effets potentiels d’une politique, d’un programme ou d’un projet sur la santé d’une population ;

§        Créer des  registres de population touchée par le cancer à : Rabat, Agadir et  Oujda ;

§        Accroître les connaissances sur les liens entre les déterminants sociaux et l’état de santé ;

§        Renforcer le  système de surveillance épidémiologique au niveau régional et provincial ;

§        Incorporer des connaissances fondamentales sur la prévention des maladies dans les programmes de formation initiale et continue des professionnels de santé, car les modèles de soins aigus ou curatifs sont encore souvent privilégiés ;

§        Partager les informations  lors de l’élaboration des politiques en facilitant la communication entre les différents partenaires et en développant les compétences en matière d’utilisation et d’évaluation de l’information sanitaire ;

§        Encourager la recherche en tenant compte des priorités nationales ;

§        Encourager la coopération internationale dans le domaine de la recherche

3-3- La  réglementation et le financement:

  • Mettre en place et faire respecter des cadres réglementaires (législation, réglementation, décrets, traités) ;
  • Limiter la publicité, le parrainage et la promotion portant sur des produits tels que le tabac, certaines boissons et certains aliments, en particulier auprès des jeunes et dans le cadre des activités éducatives et sportives ;
  • Prévoir un étiquetage nutritionnel clair et compréhensible pour aider les consommateurs à faire des choix alimentaires plus sains ;
  • Appliquer les lois relatives à la protection  des individus contre la fumée de tabac ambiante (tabagisme passif), contre la pollution engendrée par  les véhicules ;
  • Recourir à des mesures fiscales pour favoriser des choix plus sains (entreprises agroalimentaire ; véhicules) ;
  • Coopérer avec les agents économiques, en particulier le monde agricole, sur les plans international, national et local, pour accroître la disponibilité de fruits, de légumes et d’autres aliments sains à des prix abordables ;
  • Coopérer avec les autorités locales et d’autres prestataires pour améliorer l’accès à des services financièrement abordables qui favorisent l’activité physique ;
  • Élaborer une politique fiscale qui fasse en sorte que le prix réel du tabac soit élevé ;
  • Envisager d’utiliser les recettes produites par les taxes sur des produits tels que le tabac pour financer des activités de promotion de la santé ;
  • Étudier l’utilisation d’incitations fiscales pour améliorer les services de prévention des maladies à long terme et la qualité des soins prodigués ;
  • Mesures d'accompagnement au niveau politique, législatif en matière de partenariat et de mobilisation des fonds ;
  • Révision des textes en rapport avec la santé mentale ;
  • Prévoir une augmentation des budgets des hôpitaux pour faire face aux besoins futurs, en fonction de l’augmentation projetée du nombre d’hospitalisations et d’interventions en raison du vieillissement de la population.

3-4- Le développement des capacités:

Il est nécessaire d’investir dans les ressources humaines et matérielles ; pour réaliser des interventions sanitaires de qualité élevée et fournir différents services de santé.

Le renforcement  des capacités et les infrastructures de santé publique en accordant de l’importance à la formation dans les domaines de l’élaboration des politiques, de la recherche et des compétences en matière de santé publique, et en étudiant des moyens d’améliorer la disponibilité,la motivation et la répartition des professionnels de santé publique constituent une nécessité pour développer selon les activités suivantes :

  • Former les professionnels de santé actuels et futurs pour améliorer leurs connaissances et développer leurs compétences en matière de prévention de maladies non transmissibles et de lutte contre celles-ci ;
  • Formation spécialisée du personnel médical et paramédical y compris les assistantes sociales  en matière des maladies acquises engendrant l’handicap ;
  • Mobiliser le personnel de soins de façon plus efficace en améliorant ses compétences en communication, en éducation pour la santé, en matière de changement de comportement et en counseling ;
  • Former en techniques d'animation du groupe, en communication interpersonnels, et en utilisation des supports audiovisuels pour les professionnels santé ;
  • Mieux  adapter le profil du personnel de santé au poste de fonction ;
  • Recruter le personnel nécessaire impliqué dans le diagnostic et le contrôle des maladies transmissibles engendrant un handicap ;
  • Formation continue du personnel ;
  • Améliorer les établissements de soins, les laboratoires, le plateau technique  et les doter en  médicaments :
  • Veiller à ce que le matériel de base nécessaire pour la prévention notamment les appareils de mesure de la pression artérielle, les balances, les appareils de mesure de débit de pointe et les lecteurs de glycémie, soient précis,  abordables et faciles à obtenir ;
  • Assurer le fonctionnement adéquat des structures de prise en charge des diabétiques ;
  • Mettre en place un plan d'action de prise en charge des maladies acquises engendrant un handicap ;
  • Mise en en place d’un système de surveillance épidémiologique pour éviter la recrudescence des maladies transmissibles ;
  • Créer de nouveaux  centres anticancéreux  (+ équipement nécessaire). ;
  • Faire face à l’augmentation prévue des besoins en matière de traitement des maladies acquises ;
  • Créer  de Centres Médico- Psychologiques pour Toxicomanes ; pour enfants en souffrance psychologique et Centre National pour malades difficiles (autisme …..) ;
  • Réviser la méthode de travail dans les services de santé des maladies cardiovasculaire pour qu’ils soient plus efficaces.

3-5- Le soutien de la communauté:

  • Renforcer la collaboration multisectorielle et avec la société civile afin de maintenir la dynamique de développement local imprimée au cours de la première phase du plan ;
  • Veiller à ce que les patients constituent une ressource pour eux-mêmes et autrui en matière de prise en charge et de prévention des maladies, en développant l’éducation thérapeutique et l’éducation pour la santé (Education par les pairs) ;
  • Préconiser des politiques du travail favorable à la famille,(allaitement , ….) ;
  • Soutenir les malades dans leur communauté (Mutuelle communautaires, …) ;
  • Axer les soins sur le malade et sa famille ;
  • Gérer l’environnement politique en  alignant  les politiques sectorielles pour la santé et sensibiliser les autres départements à l’action en faveur de la santé ;
  • Coordonner les actions de lutte contre les maladies acquises handicapantes des différents intervenants : Ministère de la santé, secteur privé,  associations et fondations oeuvrant dans le domaine , les collectivités locales,… ;
  • Consolider la prévention primaire et secondaire dans le cadre d'une approche communautaire de proximité, en axant sur les facteurs de risque et sur la réduction de la demande, en particulier parmi les adolescents et les jeunes ;
  • Mettre les individus en mesure de mener une action de promotion de leur propre santé et celle de leur famille ;
  • Encourager la participation sociale et renforcer les moyens de soutien social, par exemple en créant des réseaux communautaires ;
  • Assurer l’équité en matière d’améliorer de  la santé de tous dans la communauté ;
  • Lutter contre la discrimination à l’égard des personnes atteintes d’incapacités et de maladies à long terme (diabète, santé mentale ;…..).

3-6- Les prestations de services de santé:

  • Soutenir un changement de Paradigme pour passer à un modèle de soins pour affections chroniques ;
  • Accorder plus d’intérêt aux maladies chroniques vu la transition épidémiologique et démographique ;
  • Promouvoir le dépistage et la détection précoce des maladies chroniques  (cancer col utérin, cancer du sein, diabète, HTA ……..) ;
  • Prise en charge bucco-dentaire des rhumatisants ;
  • Prévenir le  RAA par le Traitement médical de l’angine ;
  • Accompagner les patients à se conformer à une meilleure observance du traitement médicamenteux et à une auto administration de soins (l’éducation thérapeutique) ;
  • Mieux intégrer les soins dans les différents établissements (lieux de soins de santé primaires, hôpitaux, cadres de soins d’urgence, etc.) au sein des services de santé, notamment grâce à la prise en charge coordonnée et à des équipes de soins de santé multidisciplinaires ;
  • Veiller à ce que les services de santé soient plus axés sur la promotion de la santé ;
  • Utiliser les instruments déjà mentionnés (éducation, formation et financement) pour développer les possibilités de promotion de la santé et de prévention des maladies ;
  • Améliorer la qualité des soins : Utiliser des indicateurs de performance du système de santé et des mécanismes d’assurance qualité pour mesurer et surveiller la qualité, et établir des comptes rendus à ce sujet ;
  • Créer des réseaux et des cheminements de services en vue de fournir des services de proximité qui soient plus utiles aux personnes atteintes de maladies de longue durée leur assurant un soutien de meilleure qualité ;
  • Multiplier et renforcer les services spécialisés (ESJ ; Centres d’écoutes ; clubs de jeunes …) pour faire face aux problèmes des jeunes ;
  • Concevoir les services de façon à accroître l’équité, l’accessibilité économique et l’accès aux services pour les groupes marginalisés et vulnérables.

VII- Axes stratégiques de prévention des handicaps liés au vieillissement:

La progression du nombre  des personnes âgées en rapport avec l’augmentation de l’espérance de vie chez la population générale rend compte de la nécessité de développer des stratégies préventives en vue de réduire leur dépendance des services de soutien et de leur assurer une vie de qualité. Pour être efficaces, ces dernières doivent être axées sur les facteurs de risque et sur les déterminants de santé.

1- Analyse des facteurs de risque:

Les facteurs de risque et conditions de risque qui mettent les personnes âgées à risque sont représentés essentiellement par : l’isolement social, la pauvreté et la sédentarité.

Facteurs comportementaux :

-         Inactivité physique ;

-         Mauvaise alimentation ;

-         Maladies chroniques comme l’arthrite, l’ostéoporose ;

-         Déficiences ;

-         Fragilité

Facteurs sociaux et psychologiques :

-         Isolement - géographique et social ;

-         Manque d’appuis sociaux ;

-         Crises de la vie, p. ex., retraite obligatoire, décès du conjoint ;

-         Abus émotionnel et psychologique ;

-         Manque d’estime de soi ;

-         Sentiment d’impuissance ;

Conditions sociales et environnementales :

-         Pauvreté / faible statut socio-économique ;

-         Bas niveau d’éducation ;

-         Analphabétisme ;

-         Fragmentation des services.

2-     Mesures de prévention:

La plupart des stratégies et des programmes visant à améliorer la santé, l’autonomie et la qualité de vie des personnes âgées tentent d’abord d’aider ces derniers à risque à prendre leur vie en main.  Engager la participation des personnes âgées à risque à titre de partenaires à part entière, les encourager à définir eux-mêmes leurs besoins et les inciter à prendre les décisions qui s’imposent quant à leur bien-être.

Ces stratégies visent à faire prendre conscience des facteurs de risque liés au mode de vie, à aider les personnes âgées à faire face aux situations et à mettre en place des systèmes d’appui au niveau social et environnemental et  aider les personnes âgées à rester physiquement actives et indépendantes pendant une période aussi longue que possible. Un certains nombre de mesures peuvent être envisagées :

2.1- Formation des Ressources Humaines:

§         Réaliser des études épidémiologiques en vue d’identifier les problèmes et les besoins de cette catégorie de la population en soins et services de santé ; 

§         Instituer   la spécialité en gériatrie au niveau des Facultés de Médecine et de Pharmacie ;

§         Mettre en place l’enseignement de la gériatrie au cours des études de médecine ;

§         Assurer la formation continue des médecins généralistes en matière de gériatrie ;

§         Renforcer la formation continue du personnel paramédical en matière de gériatrie ;

§         Assurer la formation des auxiliaires de santé.

2.2-     Organisation des Services de Santé:

 

§        Créer de nouveaux métiers et de nouveaux profils d’intervenants notamment pour l’aide médico-sociale à domicile ;

§        Mettre en place des unités de prise en charge de court séjour au niveau des services hospitaliers provinciaux ;

§        Créer et mettre en place des équipes mobiles (médecins, infirmiers, kinésithérapeutes, orthophonistes….) pour offrir des soins et des services à domicile en relais des services hospitaliers gériatriques.

§        Améliorer l’accessibilité aux soins, aux médicaments et aux structures d’aide;

§        Promouvoir une prise en charge intégrée des personnes âgées.

2.3-     Information Education Communication:

Mettre en place une stratégie d’information, de communication et de sensibilisation pour la prévention et la promotion en matière de prise en charge sanitaire des personnes âgées :

  • Compagne d’information et de sensibilisation visant les professionnels de santé et le grand public ;
  • Compagne de prévention en faveur des personnes âgées : prise en charge des maladies chroniques, la promotion de modes de vie actifs, l’activité physique, la nutrition…

2.4-     Approche Communautaire:

§        Plaider et développer le partenariat avec les départements publics à caractère social, l’université et facultés de médecine, les ONG nationales et  Internationales et la coopération internationale;

§        Promouvoir la participation communautaire, les familles et les associations;

§        Favoriser l’interaction et le sentiment d’appartenance ;

§        Consolider l’appui familial par la sensibilisation du large public;

§        Développer des stratégies d’auto assistance et d’entraide : la consultation par les pairs ;

§        Renforcer les liens entre les adultes âgés et les jeunes dans le cadre d’événements spéciaux ou d’activités continues. Les programmes inter générations peuvent avoir des effets positifs sur la santé et le bien-être des personnes âgées ce qui contribue à réduire leur risque d’isolement et de solitude.

2.5-     Réglementation et Financement:

§        Mettre en œuvre la Couverture Médicale de Base et de la Réforme Hospitalière, en vue d’améliorer l’accès et la qualité des soins destinés à la population de manière générale, y inclus les personnes âgées ; 

§         Renforcer les mécanismes de financement des soins destinés aux personnes âgées ; 

§        Améliorer la coordination entre les différents intervenants (contractualisation) ;

§        Promouvoir les droits des personnes âgées (élaboration d’une charte) ;

§        Définir et réglementer clairement les attributions et les responsabilités du personnel de santé et des bénévoles en matière de gériatrie.


VIII- Cadre logique relative à la prévention des maladies liées au vieillissement :
 1.Prévention du handicap en rapport avec les maladies chroniques :

Hiérarchie des objectifs Indicateurs objectivement vérifiables Moyens de vérification Hypothèses/ risques
Objectif global
Réduire la prévalence du handicap au Maroc
Taux du handicap au Maroc    
Objectif spécifique
Contribuer à la réduction de la proportion des maladies acquises engendrant des handicaps
Incidence des cas d’ handicap liés aux maladies chroniques. Enquête nationale  
Objectifs intermédiaires

1. Promouvoir la prévention, le dépistage, la détection précoce des maladies chroniques(cancer, diabète, HTA, RAA ……..)



2. promouvoir la prise en charge des maladies chroniques engendrant l’handicap (pathologies cardiovasculaires, santé mentale, santé au travail……)


-Nombre d’angines traitées
-Nombre de nouveaux cas de RAA
-Nombres d’atteintes cardiaques

-Prévalence du diabète
-Prévalence de HTA

-Nombre de campagnes de sensibilisations et de lutte contre HTA
-Nombre de campagnes de sensibilisation relative à la lutte contre l’HTA.

-Prévalence des maladies mentales.

- Incidence du cancer

- Bilan de déclaration trimestrielle du RAA.

- Enquête nationale sur les facteurs de risques des maladies cardiovasculaires

- Enquête nationale

- Registres de cancer en population




Nécessité d’adhésion à la stratégie et d’implication de tous les intervenants
-L’intégration des Actions est obligatoires.
-Coordination des actions des différents intervenants
-Engagement du pouvoir public est nécessaire.

- Amélioration de l’infrastructure sociale et économique.
- Diminuer l’Alphabétisation. de La population.

Résultats attendus
1.les handicaps en rapport avec les maladies acquises sont réduits
2.la prise en charge intégrée des pathologies acquises engendrant l’handicap est amélioré
Diminuer la prévalence des maladies acquises

Assurer la prise en charge intégrée des pathologies chroniques.
Etudes


supervision
 

Prévention du handicap en rapport avec les maladies chroniques (suite)
Activités
Encourager une politique publique favorable
1- Mettre en place et faire respecter un cadreslégislatif et réglementaires afin de :
  • Limiter la publicité, le parrainage et la promotion portant sur des produits responsables du handicaps (tabac, certaines boissons et aliments, ..).
  • Exiger un étiquetage nutritionnel clair et compréhensible pour le consommateur (en arabe,….)
  • Renforcer la lutte antitabac : application de la loi anti-tabac, augmentation du prix du tabac…
  • Coopérer avec les différents intervenants pour la promotion du mode de vie sain (alimentation, environnement, activité physique, etc...)
  • Augmenter les taxes sur des produits toxiques et  polluants   (tabac, etc..) et attribuer les fonds pour améliorer les services de prévention et la prise en charge des maladies non transmissibles.
2- Appuyer les mesures d'accompagnement au niveau politique et législatif en matière de partenariat et de mobilisation des fonds.
3- Réviser les textes en rapport avec les maladies chroniques
4- Mettre en œuvre la Couverture Médicale de Base et la Réforme Hospitalière, afin d’améliorer l’accès et la qualité des soins destinés aux maladies acquises.
Renforcer les capacités humaines
1- Renforcer la formation continue et le développement des compétences des professionnels de santé en matière de prévention et de lutte contre les maladies acquises engendrant l’handicap (personnel médical et paramédical, assistantes sociales,…)
2- Renforcer la Formation du personnel de soins à l’IEC …
3- Augmenter l’effectif des compétences en ressources humaines nécessaires impliquées dans le diagnostic et le contrôle des maladies chroniques engendrant l’handicap ;
4- Incorporer des connaissances fondamentales sur la prévention des maladies dans les programmes de formation initiale et continue des professionnels de santé car les modèles de soins curatifs sont encore souvent privilégiés.
Réorienter les services
1- Accompagner les patients (éducation thérapeutique) pour une meilleure observance du traitement
2-promouvoir la prise en charge intégrée des pathologies chroniques engendrant l’handicap dans les différents établissements (structures de soins de santé primaires, hôpitaux, cadres de soins d’urgence, etc.)
3- Renforcer la promotion du mode de vie sain au niveau des différentes structures de soins aux différents niveaux
4- Concevoir les services de santé de façon à accroître l’équité et l’accessibilité pour les groupes marginalisés et vulnérables
5- Introduire la démarche assurance qualité à tous les niveaux de soins.
6- Mettre en place des procédures de fonctionnement adéquat des structures de prise en charge des pathologies chroniques engendrant l’handicap
7- Optimiser le fonctionnement du système de référence contre référence
8- Mettre en place un plan d'action de prise en charge des maladies acquises engendrant un handicap
9--Conception, production et diffusion d'émissions audiovisuelles et renforcement des relations avec les médias locaux et régionaux (radio, télévision et presse

Prévention du handicap en rapport avec les maladies chroniques (suite)
Activités (suite)
Créer les milieux favorables
1- Mettre à niveau les établissements de soins, les laboratoires, le plateau technique et la dotation en médicaments
2- Créer de nouveaux centres anticancéreux (+ équipement nécessaire).
3-Faire face à l’augmentation prévue des besoins en matière de prise en charge des maladies acquises
4- Créer des Centres Médico- Psychologiques pour Toxicomanes , pour enfants en souffrance psychologique et Centres Régionaux pour malades difficiles (autisme …..) ;
5- Multiplier et renforcer les services spécialisés (ESJ) ; Centres d’écoutes ; clubs de jeunes …) pour faire face aux problèmes des jeunes

Renforcer l’approche communautaire
1 - Développer l’éducation thérapeutique et l’éducation pour la santé (Education par les pairs , personnes relais/ MC à tous les niveaux , tous les milieux de vie pour tous les âges aussi bien en milieu rural qu’en milieu urbain
2 - Développer des projets de soutien des malades dans leur communauté (Mutuelle communautaires, …..)
3 - Développer des projets d’AC pour Consolider la prévention primaire et secondaire au profit des adolescents et les jeunes
4- Favoriser la coopération multisectorielle pour la promotion de modes de vie sain et pour une dynamique de développement local sans omettre le milieu rural
5 - Encourager la création de réseaux communautaires ;
6 - Lutter contre la discrimination à l’égard des personnes atteintes d’incapacités et de maladies à long terme (HTA, diabète, santé mentale ;…..).

Recherche et développement
1-Encourager la recherche en tenant compte des priorités nationales
2- Encourager la coopération internationale dans le domaine de la recherche
3- Renforcer le système de surveillance épidémiologique au niveau régional et provincial
4 -Mener des enquêtes régulièrement, à l’échelle nationale pour évaluer la prévalence des facteurs de risque des maladies acquises
5 -Créer des registres de cancer: Rabat, Agadir, Oujda …
6 -Accroître les connaissances sur les liens entre les déterminants sociaux et l’état de santé.
7 - Coordonner les actions de lutte contre les maladies acquises handicapantes des différents intervenants : Ministère de la santé, secteur privé, associations et fondations oeuvrant dans le domaine,
8 - Partager les informations lors de l’élaboration des politiques en facilitant la communication entre les différents partenaires et en développant les compétences en matière d’utilisation et d’évaluation de l’information sanitaire.
9- Coordination de l’ensemble des programmes de santé autour d’un programme national et intégré d’IEC.

2 - Prévention du handicap en rapport avec le vieillissement:

Hiérarchie des objectifs Indicateurs objectivement vérifiables Moyens de vérification Hypothèses/ risques
Objectif global
Réduire la prévalence du handicap au Maroc
La prévalence de l’handicap au Maroc est réduite de 20% d’ici 2015, c’est à dire elle passera de 5,12% à 4,12%. Enquête nationale  
Objectif spécifique
Réduire la prévalence de l’handicap lié au vieillissement
La prévalence de l’handicap liée au vieillissement est réduite de 20% d’ici 2015. Enquête nationale  

Objectifs intermédiaires
la prévalence des maladies chroniques liée au vieillissement.
- Améliorer la prise en charge sociale des personnes âgées


- La prévalence des maladies chroniques liées au vieillissement est réduite de 20% d’ici 2015.
- Le % des personnes âgées bénéficiant d’une couverture sociale est augmenté de 50% d’ici 2015.
Enquête nationale  

Résultats attendus


3.les maladies chroniques liées au vieillissement sont réduites

4.la prise en charge sociale des personnes Agées est améliorée




- L’incidence des maladies chroniques liées au vieillissement est réduite de 20% d’ici 2015.
- Le % des personnes âgées bénéficiant d’une prise en charge sociale est augmenté de 50% d’ici 2015.



Enquête nationale
 


Prévention du handicap en rapport avec le vieillissement (suite)
Activités
Encouragement d’une politique publique favorable:
1-Mettre en œuvre la Couverture Médicale de Base et la Réforme Hospitalière, en vue d’améliorer l’accès et la qualité des soins destinés à la population de manière générale, y inclus les personnes âgées ;
2- Renforcer les mécanismes de financement des soins destinés aux personnes âgées
3-Améliorer la coordination entre les différents intervenants (contractualisation) ;
4- Promouvoir les droits des personnes âgées (élaboration d’une charte) ;
5- Définir et réglementer clairement les attributions et les responsabilités du personnel de santé et des bénévoles en matière de gériatrie
6-Etablir les normes nécessaires pour la création et la gestion des maisons d’accueil pour les personnes âgées
7-Créer un fond pour les PA
8-Faire bénéficier les associations des PA des dons internationaux et nationaux et des saisies douaniers et Inciter le secteur privé à investir dans le troisième âge

Renforcement des capacités:
1- Réaliser des études épidémiologiques en vue d’identifier les problèmes et les besoins de cette catégorie de la population en soins et services de santé ;
2-Instituer la spécialité en gériatrie au niveau des Facultés de Médecine et de Pharmacie
3-Mettre en place l’enseignement de la gériatrie au cours des études de médecine ;
4-Renforcer la formation continue du personnel médical et paramédical en gériatrie ;
5-Assurer la formation des assistants (familles, société civile …)
6-Encourager la recherche académique relative à la problématique des personnes âgées
7-Renforcer les capacités institutionnelles des associations
Création des milieux favorables:
1 Mettre en place des unités de prise en charge de court séjour au niveau des services hospitaliers régionaux et provinciaux ;
2. Réaliser une étude de faisabilité et d’utilité pour la mise en place des centres d’accueil Médicalisés
3. Mettre en place des espaces de loisirs et d’activité physique
4. Renforcer les centres d’accueil sociaux

Réorganisation des services:
1.Recrutement du personnel spécialisé médical et paramédical
2. Améliorer l’accessibilité aux soins et aux structures d’aide;
3. Promouvoir une prise en charge intégrée et globale des personnes âgées.

Prévention du handicap en rapport avec le vieillissement (suite)
Activités (suite)

4. Tenir compte des besoins des personnes âgées en matière de médicament et aides techniques
5. Créer de nouveaux métiers et de nouveaux profils d’intervenants à domicile
6. Mettre en place d’un numéro vert national au profit des personnes âgées au niveau des urgences

Renforcement de l’approche communautaire:
1. Promouvoir la participation communautaire des familles et des associations; collectivités locales ……)
2. Favoriser l’interaction et le sentiment d’appartenance ;
3. Consolider l’appui familial par la sensibilisation du large public;
4. Développer des stratégies d’auto assistance et d’entraide :la consultation par les pairs
5. Renforcer les liens entres les personnes âgées et les jeunes dans le cadre d’événements ou d’activités continues ; programmes inter générations qui peuvent avoir des effets positifs sur la santé et le bien-être des personnes âgées ce qui contribue à réduire leur risque d’isolement et de solitude.
6. Sensibiliser à l’activité physique et à la promotion de modes de vie actifs ;
7. Etablir des liens entre les personnes âgées et le système de soins professionnels surtout en milieu rural (l’équipe mobile)
8. Créer un réseau de tous les intervenants dans le domaine des personnes âgées
9. Sensibiliser et informer le grand public sur la problématique de cette population et sur l’importance de la cohésion sociale
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